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Hernán MELO VELÁSQUEZ

Journal

Légender sans mentir

14 juin 2026

Une même image de cortège peut illustrer une mobilisation historique ou un rassemblement clairsemé. Elle peut dire la détermination ou la fatigue. Tout dépend du cadre — et de la légende.

C'est le problème que je rencontre dans Faire nombre et, autrement, dans La réponse, c'est nous.

Ce que j'essaie de faire

Décrire ce qui est dans le cadre, et rien de plus. « On relit la banderole avant de partir » plutôt que « la colère monte ». La première phrase est vérifiable ; la seconde est un commentaire déguisé en observation.

Cela rend les légendes plus plates. J'accepte cette platitude : elle laisse au lecteur le travail d'interprétation, au lieu de le faire à sa place.

Ce que je ne sais pas faire

Nommer les gens. Sur un rassemblement, on photographie des dizaines de personnes qu'on ne reverra jamais, sans avoir le temps de demander un prénom, encore moins une autorisation écrite. Je m'en tiens à des cadres qui ne piègent personne — mais c'est un arbitrage, pas une solution.

Quand une personne est reconnaissable et seule dans l'image, je demande. Quand elle refuse, je n'utilise pas la photographie, même bonne. C'est la seule règle que je ne négocie pas.

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